Interview réalisé par les élèves de 6èE

Josephina

Dans le cadre d'un projet spécifique avec la classe de 6ème E, la chanteuse Josephina est venue au collège, le lundi 6 janvier 2014. Nous avons préparé sa venue que nous attendions avec impatience. Nous avons pu échanger avec Josephina sur son métier d'artiste, sa participation à l'émission "The Voice" mais aussi sur son nouvel album dont elle nous a interprété un titre en avant-première. Nous lui avons ensuite interprété "L'oiseau et l'enfant", symbole de partage et de voyage dont Josephina et son frère Elblaz ont chanté le refrain avec nous.

Interview

Elèves : A quel âge avez-vous commencé le chant ?

Josephina : J’ai commencé le chant à l’âge de 6-7 ans.

 

E : Y a-t-il des musiciens ou des chanteurs dans votre famille ?

J : Dans notre famille, nous sommes tous musiciens : mon grand-père jouait de la guitare, ma grand-mère chantait. Nous sommes huit frères et sœurs dont trois jouent de la guitare, un des percussions, un autre danse, ... Tous les week-ends, on se rassemble et on fait de la musique. Chez nous, c’est tout le temps festif.

 

E : Qui vous a donné envie de chanter ?

J : En premier lieu ma grand-mère, car c’est la première que j’ai entendue chanter. Elle me chantait des chants flamencos. En grandissant, j’ai écouté d’autres styles de musique. J’aime beaucoup les chanteuses dites « à voix » et cela m’a donné l’envie d’apprendre cette technique vocale.

 

E : Avez-vous pris des cours de chant ?

J : Depuis l’enfance, j’ai appris à l’oreille. Adulte, je suis allée voir une orthophoniste-phoniatre pour bien « respirer ». Car pour chanter, il faut avoir une bonne technique respiratoire, fondée sur la respiration abdominale, ce qui permet de ne pas forcer sur les cordes vocales.

 

E : Jouez-vous d’un instrument de musique ?

J : Petite, je cherchais des mélodies sur tous les instruments que je trouvais (ukulélé, tam-tam, …), tout ce qui pouvait produire un son : je pense que tout le monde peut faire de la musique. Sur mon album, j’ai enregistré la batterie, les claviers, l’harmonica, la guitare, … Je joue un peu de tous les instruments mais celui que je préfère est la guitare.

E : Depuis quand composez-vous ?

J : J’ai composé ma première chanson à l’âge de 13 ans.

 

E : Combien de temps travaillez-vous le chant par jour ?

J : Je travaille le chant environ deux heures par jour. Je fais des exercices vocaux, plus une répétition par semaine. Pour que la voix puisse évoluer, il faut toujours l’entrainer.

 

E : Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer en Corse en 2003 ?

J : Après mon expérience avec «I Muvrini » pendant cinq ans, l’arrangeur du groupe m’a proposé de faire un disque, c’est ainsi qu’il a produit mon premier album. Comme la conception du disque s’est faite en Corse, je m’y suis installée.

 

E : Pourquoi avez-vous participé à l’émission « The voice » ?

J : La télévision et les médias ont un rôle important dans la carrière d’un artiste. Il y a des directeurs de casting qui repèrent les artistes lors de leurs prestations et c’est ainsi que j’ai été contactée pour participer à « The Voice ». J’ai passé le casting et j’ai été prise. Chanteur, c’est un vrai métier, c’est être médiatisé, être sur scène, faire des tournées, … Il faut avoir une bonne condition physique : il ne faut pas sortir le soir, il faut faire attention à ce que l’on boit, à ce que l’on mange. Il faut à avoir une hygiène de vie stricte, sinon on ne peut pas tenir. Une tournée c’est physiquement éprouvant, il faut aussi bien dormir, car le sommeil permet d’avoir une voix claire.

 

E : Pourquoi avoir choisi d’interpréter la chanson « Caravane » de Raphaël ?

J : J’aurai aimé interpréter une de mes compositions, mais TF1 impose un choix de chansons : il fallait une reprise et en plus en français. J’ai donc choisi « Caravane » de Raphaël, un clin d’œil à mes origines.

 

E : Quel a été le moment qui vous a le plus marqué ?

J : La découverte du plateau et de la salle sans le public. Le plateau est immense, toutes les caméras sont déjà installées dont certaines articulées sur de longs bras qui pivotent dans tous les sens c’est assez impressionnant.

 

E : Comment se sont passées les répétitions ?

J : Pour les répétitions, nous avions seulement le temps de la chanson, c’est-à-dire environ trois minutes pendant lesquelles l’équipe technique nous indiquait les déplacements à effectuer lors du prime. L’émission est très structurée, tout est préparé à l’avance, rien n’est laissé au hasard.

 

E : Avez-vous des anecdotes sur les coulisses de « The voice » ?

J : Quand je suis passée pour les auditions à l’aveugle, j’ai été convoquée le matin à 8h30. On nous a installés dans une grande salle, belle et lumineuse, décorée en rouge et blanc. Il y avait des fauteuils pour se reposer, il y avait aussi de quoi boire et manger. Puis, les candidats sont appelés un par un. L’équipe technique nous accompagne sur le plateau, les portes s’ouvrent et nous voilà devant le public avec les quatre membres du jury de dos. C’est une sensation très forte. Au moment de mon passage, il était 1h30 du matin ! J’ai donc attendu dix-sept heures … Toutes les deux ou trois heures, des coachs vocaux venaient pour nous faire chauffer la voix. Au début de la journée, j’ai tout le temps ma guitare à la main et beaucoup d’énergie. Puis, les heures passant, la fatigue se fait sentir et à la fin je suis affalée sur une marche d’escalier, je n’en peux plus … il est 1h du matin. Et là, tout à coup, c’est à moi et je me dis : « ce n’est pas possible, comment vais-je faire ? » (rires). Mais, au moment où l’on entre sur scène, on oublie la fatigue et l’on se dit, comme à chaque concert : « c’est maintenant qu’il faut tout donner ».

 

E : Y-a-t-il des trucages ?

J : Non, il n’y a aucun trucage et tout est enregistré en une seule prise.

 

E : Quelles étaient vos relations avec les autres candidats ?

 

J : Il faut savoir qu’il y a eu quatre castings avant d’atteindre le plateau de l’émission. Donc, on finit par apprendre à se connaître, il se crée des liens, c’est très intéressant humainement.

 

E : Que vous a apporté cette aventure?

J : Cela m’a donné envie de continuer dans ce métier et de donner au public mes propres compositions.

 

E : Depuis la fin de « The Voice » vous a-t-on proposé des duos ?

J : Oui, on m’a proposé un duo que j’ai déjà enregistré … mais je n’en dirai pas plus pour l’instant ;-)

 

E : Sur quelles scènes vous êtes-vous déjà produite ?

J : Avec « I Muvrini », j’ai fait tous les zéniths de France, l’Olympia, Bercy, le stade de France. Seule, en première partie de Patrick Fiori, j’ai fait le grand Rex à Paris et l’Olympia.

E : Avez-vous le trac sur scène ?

J : Oui, toujours ! C’est horrible ;-) .


E : Quel est votre style de musique préféré ?

J : Je suis ouverte à toute musique. C’est important pour pouvoir composer des chansons d’écouter beaucoup de musique de styles différents.

 

E : Avec qui aimeriez-vous chanter ?

J : J’aimerais beaucoup chanter avec Maurane. Nous avions un projet de duo pour mon album. Cela n’a pu se faire en raison de son emploi du temps (car elle est jury dans l’émission « La nouvelle star » sur D8). Cela se fera sûrement dans le prochain album.

 

E : Quels sont les musiciens avec lesquels vous avez travaillé pour votre nouvel album ?

J : Pour cet album, j’ai fait intervenir le groupe « Tavagna » et Patricia Gattaceca.

 

E : Chantez-vous en corse et dans d’autres langues ?

J : Oui, sur mon album, je chante en corse, en espagnol et en français.

 

E : Pensez-vous que la musique gitane et la musique corse ont des racines communes ?

J : Oui, toutes les musiques du monde ont un lien. La musique est universelle. Quand j’ai vu chanter pour la première fois « I Muvrini » avec la main à l’oreille, j’ai tout de suite pensé à mes grands-parents qui, sans sono, faisaient la même chose quand ils chantaient leurs chants flamencos.

 

E : Quels sont vos projets?

J : Nous sommes en train de mettre en place une équipe pour faire une tournée.

Commentaires d'élèves

Jade ARENAS : « Lorsque Josephina est venue nous voir au collège, j’ai été impressionnée. Quand nous avons commencé à lui poser nos questions, j’ai eu la sensation d’être une journaliste. Nous avons beaucoup appris sur la vie d’une artiste. J’ai adoré la chanson qu’elle nous a interprétée, je l’ai trouvée entraînante et originale. Un autre moment fort a été lorsque nous avons interprété pour Josephina et son frère la chanson « L’oiseau et l’enfant ». Je garde un excellent souvenir de notre rencontre ».

 

Marc-André BONETTI : « La visite de Josephina a été très enrichissante, nous avons pu découvrir le monde du spectacle et le déroulement d’une émission de variétés. J’ai aussi beaucoup aimé la chanson qu’elle a chanté avec son frère, c’était très émouvant ».

 

Nicolas GUERRINI  : « Nous avons été très contents de recevoir Josephina et son frère. Josephina nous a expliqué sa passion du chant. Elle nous a décrit son parcours musical, c’était passionnant. On a pu comprendre à travers ses réponses qu’il n’est pas facile de faire carrière dans la chanson. Josephina est auteur, compositeur, interprète, elle nous a fait découvrir en avant-première un titre de son album « Arroz Compoyo ». Nous espérons qu’elle réalisera tous ses rêves ».

 

Léa BOARI : « J’ai adoré notre rencontre avec Josephina. J’étais au piano pour accompagner le chant « L’oiseau et l’enfant » que nous lui avions préparé. J’étais très émue et au dernier refrain, Josephina et son frère ont chanté avec nous, ce fut une grande surprise et cela m’a beaucoup plu. J’aimerais dire à un grand merci à Josephina et à son frère ».

 

Yannis PINEIRO-PRATS : « J’ai beaucoup aimé la proximité que Josephina a eue avec nous, cela m’a surprise et touchée. C’est quelqu’un d’ouvert et de chaleureux. Avec elle, on se sent bien et j’en ai oublié le trac habituel lorsque l’on rencontre une personne connue. De même origine que Josephina, j’ai eu la chance de pouvoir lui offrir les fleurs à la fin de notre rencontre. Tutto me ha gustado mucho ! Merci Madame Mariini de nous avoir donnés la chance de rencontrer Josephina ! ».

 

Fabien PINDUCCI : « En une phrase, ce fut une rencontre inoubliable ! ».